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CFP - Entre controverses environnementales et projets d’aménagement : le paysage à l’épreuve des sens
par International Ambiances Network on 

Appel à soumission de textes pour [VertigO] - la revue électronique en sciences de l'environnement

Entre controverses environnementales et projets d’aménagement : le paysage à l’épreuve des sens

Dans les années 1990, quand le paysage fait son retour dans le champ de la pratique aménagiste, à titre d’« alternative » (Marot, 1995) à certaines dérives de l’urbanisme moderne, la question du sensible est un champ émergent des sciences sociales, qu’elles soient de l’environnement ou de l’aménagement. On commence alors à questionner les « ambiances » ou les « atmosphères » (cf. travaux du CRESSON à Grenoble, réseau international Ambiances). On cherche à comprendre ce qui détermine les qualités d’un lieu. On souhaite identifier des déterminants de l’attachement à un espace donné, réinterprétant les découvertes, déjà anciennes, des approches phénoménologiques de l’espace (on pense ici à la humanistic geography des années 1970). On s’intéressera bientôt aux affects « pour penser et concevoir la ville » (Bochet, 2008 : 253).

Les savoirs et pratiques de l’aménagement s’apprêtent en effet à prendre un « tournant esthétique ». Celui-ci pourrait être défini comme une propension à penser les pratiques sociales à partir d’un référentiel esthétique, qui, mobilisant les champs de la perception et des sens, s’attache à comprendre la qualité des lieux du monde. La question d’une humanité sensible en prise avec le monde devient une question centrale de la production des territoires.

La thématique n’est pas neuve. Au XVIIIe siècle déjà, dans le champ de l’art des jardins, le goût des lacis des jardins paysagers se substitue à la mode des géométries des jardins à la française. Le nouvel art d’aménager les jardins doit alors amener le visiteur à découvrir successivement différentes vues, divers éclairages qui constituent autant de manières de stimuler son imagination, de faire advenir des idées (Baridon, 1998). C’est au moyen de son appareil sensible que l’être humain pense et peut formuler des idées ; le rôle de l’aménagement de l’espace est d’activer l’appareil perceptif de manière à favoriser un jeu des sensations propres à favoriser l’émergence d’idées générales par la médiation du jugement et de la mémoire (Matthey, 2007 : 158-159).

Très tôt, donc – dans son histoire principalement occidentale (Cauquelin, 1989), tant il est lié à l’invention de schèmes artistiques et cognitifs européocentrés (Baxendall, 1972 ; Roger, 1997) –, le paysage s’enrichit de nouvelles dimensions sensibles, s’émancipant du primat classique du visuel pour se faire multisensoriel : visuel certes, mais aussi sonore (Geisler, 2012), olfactif (Grésillon, 2010), tactile avant que l’on ne parle de son goût. L’expérience paysagère est celle d’une totalité sensible qui englobe l’être dans le monde (Besse, 2009). Cette expérience est toutefois fortement influencée par un contexte historique, une culture, une position dans l’espace social, des moments du parcours de vie… Elle est également troublée par la variation des matérialités du paysage (paysage rural, paysage des infrastructures…), sa texture (paysage végétal, construit, hydrologique), sa structure (géomorphologique, anthropologique…) et par les modalités de déplacement du corps dans l’espace. Cette expérience est enfin un outil d’aménagement de l’espace. Elle permettrait en effet d’approcher l’esprit du lieu, d’entrevoir les « intouchables » qui fondent son identité. Privilégier une approche sensible, polysensorielle des lieux d’une intervention participerait ainsi, sinon d’une science, du moins d’un art de l’intervention sensible au milieu — à plus forte raison que l’expérience paysagère investit aujourd’hui plus largement les paysages de l’ordinaire et du quotidien (Bigando, 2008).

C’est ce paysage multisensoriel que souhaite appréhender ce numéro de VertigO — la revue électronique en sciences de l’environnement. Pour ce faire, on empruntera trois focales.

  1. La première s’intéresse à ce que l’on pourrait appeler les sensibilités paysagères. On s’attachera ici à mieux saisir les dimensions esthétiques des controverses paysagères, en focalisant sur les régimes sensoriels des mobilisations citoyennes. De la densification d’une zone de villas à l’implantation des grandes infrastructures de transports, en passant par l’installation d’éoliennes, le paysage a en effet cette capacité de rendre sensible des transformations sociétales qui impactent le cadre de vie. Lieu de manifestation et d’aperception de « ce qui change », le paysage sensible est un puissant vecteur de mobilisation. Comment les dimensions sensibles du paysage sont-elles mobilisées par les acteurs de ces controverses ? Comment les interventions sur le corps des paysages ordinaires (Dewarrat et al., 2003) viennent-elles bouleverser l’écologie sensorielle des collectifs habitants ?
  2. La deuxième s’attache aux méthodologies du sensible (Manola, 2013). Il s’agira d’interroger les dispositifs méthodologiques les plus aptes à rendre compte de la multiplicité des rapports sensibles au paysage et des valeurs qui lui sont attribuées. Comment dévoiler les mécanismes qui régissent l’attachement à un paysage (Thibaud, 2015) ? Comment révéler les liens entre les pratiques quotidiennes et les réalités affectuelles d’un paysage ? Quelle place donner aux entretiens, aux processus délibératifs (forums, focus groups, etc.), aux parcours commentés, augmentés (Feildel et al., 2016), aux techniques de représentation issues à la fois des sciences humaines et sociales et de la conception spatiale (cartes mentales, cartes sensibles, cartes dynamiques, blocs-diagrammes, transects…), etc. afin de mettre en langage et en forme tant les expériences sensibles du rapport au paysage que les significations qu’on lui prête ? Quelles sont les difficultés persistantes d’une opérationnalisation du sensible (réticences liées à l’expression de l’intime, faiblesses lexicales, indicibilité de l'expérience sensorielle, souvent inconsciente, etc.) ? Comment explorer les rapports multisensoriels au paysage en articulant les échelles individuelles et collectives ? Comment anticiper les rapports sensibles à des paysages non encore existants (Morello et Piga, 2015) ?
  3. La troisième focale s’intéresse à l’espace sensible considéré comme outil et objet de l’aménagement. Depuis quelques années en effet, et notamment en lien avec une considération croissante de la parole et du vécu habitants, les approches visant à fonder le sensible comme levier des projets d’aménagement du territoire connaissent un succès croissant. Ces approches, développées de plus en plus dans les formations des concepteurs spatiaux, se fondent sur le postulat voulant que l’expérience — individuelle ou collective —, les données sensibles issues du paysage sensoriel, soient à l’origine d’un diagnostic plus fin des sites de projet. S’intéresser aux sens ferait émerger une ontologie des lieux que les seuls relevés de leurs caractéristiques ne pourraient saisir. Cette volonté de laisser parler les lieux pour faire projet s’inscrit dans une posture aménagiste qui se revendique d’une éthique de l’inversion paysagère (Cogato, 2005), propre à fonder une « architecture des milieux » (pour reprendre une expression chère à Chris Younès, 2010), en ce sens qu’elle participerait d’une pensée de l’environnement. Mais elle est aussi susceptible de cacher d’autres enjeux, plus politiques. Le travail sur le sensible participe en effet parfois à une entreprise de déstabilisation des cadres aprioriques d’organisation de la ville collective. Il peut par exemple rendre plus flou, plus poreux le périmètre d’un quartier (Matthey, 2015). Il peut bouleverser des images plus quantitatives. Cette focale s’intéressera donc à comprendre comment le recours au sensible travaille les dynamiques des projets d’aménagement, pour le meilleur ou le pire de leurs destinataires.

Nature des propositions et calendrier

Les propositions peuvent émaner de chercheurs et de praticiens, avec naturellement la possibilité de textes cosignés. Ils croiseront en tous les cas un axe de réflexion privilégié (analyse des situations d’in/acceptabilité, généalogie, dispositifs, usages savants) avec l’un et/ou l’autre des mondes de la pratique identifiés.

Échéancier

  • 15 mai 2017 : date limite pour l’envoi d’une proposition d’un maximum de 600 mots comprenant, outre le titre provisoire et 5 mots-clés, la mention d’un référentiel théorique, l’esquisse d’une problématique, l’explicitation d’un cadre méthodologique et d’un terrain et enfin l’évocation des résultats (escomptés) ;
  • 15 juin 2017 : avis aux auteurs quant à l’acceptation ou refus de leur proposition ;
  • 1er septembre 2017 : date limite pour l’envoi d’un texte complet respectant les conditions éditoriales précisées sur le site de la revue à l’adresse suivante : http://vertigo.revues.org ; évaluation du texte par un comité de lecture — réponse définitive de la revue en novembre et décembre 2018 avec grille d’évaluation des évaluateurs ;
  • Janvier et février 2018 : réception des textes révisés ;
  • Mai 2018 : mise en ligne du numéro.

Sauf pour les dates du 15 mai et du 1er septembre, l’échéancier est fourni à titre indicatif.

Soumission des propositions

Les propositions et manuscrits (avec résumé, texte complet, figures, tables et bibliographie) doivent être soumis par courrier électronique à Jessica Onitsoa Andriamasinoro (rédactrice-adjointe [VertigO]) l’adresse courriel suivante : redacteur.adjoint@editionsvertigo.org. La soumission doit être bien identifiée au nom du dossier : « Entre controverses environnementales et projets d’aménagement : le paysage à l’épreuve des sens ».

Pour soumettre un texte, prière de consulter les politiques de publication de la revue disponibles à l’adresse suivante : https://vertigo.revues.org/5401

Lors de la soumission, les auteurs doivent fournir leur nom et les coordonnées de trois réviseurs potentiels pour leur article. La revue se réserve le droit de choisir ou non les réviseurs proposés.

Vous pouvez aussi nous faire parvenir en tout temps des propositions de textes pour les différentes sections de la revue. La revue accepte la soumission de textes scientifiques en tout temps.

Coordination du numéro

  • Vincent Battesti (Centre national de la recherche scientifique, UMR 7206)
  • Élise Geisler (Agrocampus Ouest, UMR ESO)
  • Christophe Mager (Université de Lausanne)
  • Laurent Matthey (Université de Genève)
  • Éric Duchemin ([VertigO]/Université du Québec à Montréal, Canada)

Bibliographie

Baridon, M., 1998, Les jardins : paysagistes, jardiniers, poètes, Paris, Bouquins, 1233 p.

Baxendall, M., 1972 [1981], L’œil du Quattrocento, Actes de la recherche en sciences sociales, 40, pp. 10-49.

Besse, J.-M., 2009, Le goût du monde : exercices de paysage, Arles, Actes Sud, 227 p.

Bigando, E., 2008, Le paysage ordinaire, porteur d'une identité habitante. Pour penser autrement la relation des habitants au paysage, Projets de paysage, [En ligne] URL : http://www.projetsdepaysage.fr/le_paysage_ordinaire_porteur_d_une_identite_habitante, Consulté le 8 février 2017.

Bochet, B., 2008, Les affects au cœur des préoccupations urbaines et urbanistiques : la réintroduction du sensible pour penser et concevoir la ville, Geographica Helvetica, 63, 4, pp. 253-261. DOI : 10.5194/gh-63-253-2008

Cogato-Lanza, E., 2005, Le territoire inversé. In Versteegh, P., Méandres. Penser le paysage urbain, Lausanne, PPUR, pp. 117-141.

Cauquelin, A., 1989 [2000], L´invention du paysage, Paris, PUF, 181 p.

Dewarrat, J.-P., R. Quincerot, M. Weil et B. Woeffray, 2003, Paysages ordinaires. De la protection au projet, Sprimont, Pierre Mardaga, 95 p.

Feildel, B., É. Olmedo, F. Troin, S. Depeau, M. Poisson, N. Audas et K. Duplan, 2016, Parcours augmentés, une expérience sensible entre arts et sciences sociales, Carnets de géographie, 9, [En ligne] URL : http://cdg.revues.org/721. Consulté le 8 février 2017. DOI : 10.4000/cdg.721

Geisler, E., 2012, Le paysage, un moyen de (re)qualifier et de cartographier l’environnement sonore, Sonorités, 7, pp. 145-159

Grésillon, L., 2010, Sentir Paris. Bien-être et matérialité des lieux, Versailles, Quae Éditions, 192 p.

Marot, S., 1995 [2010], L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture, Paris, Éditions de la Villette, 142 p.

Manola, T., 2013, Rapports multisensoriels des habitants à leurs territoires de vie. Retours critiques sur une démarche méthodologique, Norois, 227, 2, pp. 25‑42. DOI : 10.4000/norois.4649

Matthey, L., 2015, ‘Political sensitivity’. Subjective feedback on the unexpected effects of an urban planning study, Articulo - Journal of Urban Research, [En ligne] URL : http://articulo.revues.org/2861. Consulté le 30 janvier 2017.

Matthey, L., 2007, Le quotidien des systèmes territoriaux : lecture d’une pratique habitante. Généalogie et description herméneutique des modalités de l’habiter en environnement urbain, Berne, Peter Lang, 446 p.

Morello, E. et B.E.A. Piga, 2015, Experiential simulation in architecture and urban space, Ambiances.Environnement sensible, architecture et espace urbain, [En ligne] URL : http://ambiances.revues.org/671. Consulté le 30 janvier 2017.

Roger, A., 1997, Court traité du paysage, Paris, Gallimard, 199 p.

Thibaud, J.-P., 2015, En quête d’ambiances : éprouver la ville en passant, Genève, Métispresses, 328 p.

Younès, C. et B. Goetz, 2010, Mille milieux. Éléments pour une introduction à l’architecture des milieux, Le Portique. Revue de philosophie et de sciences humaines, 25, [En ligne] URL : http://leportique.revues.org/2471. Consulté le 30 janvier 2017.



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International Competition - Envisioning the City of the Future
par International Ambiances Network on 


Envisioning the City of the Future: Making the Invisible Visible



International Concept and Design Competition Open to Students, Graduates and Experts

The international contest is open to students, graduates and experts and its aim is to imagine and design possible scenarios of the city of the future: How will smart and sharing cities look like in the future? How are these changes going to impact on people’s lives in cities?

Participants are asked to produce spherical panoramas of the proposed scenarios. During the awarding ceremony the selected projects will be shown with immersive Virtual Reality displays (Head Mounted Display).

The international jury will award the most innovative projects. The first classified will win one ArchiCad 20 Full licence and one Lumion Standard licence (corresponding value € 6.289).

Moreover, the three winning projects will win three annual subscriptions to charging stations for electric vehicles (provided by NHP); these stations will be implemented within the European project Sharing Cities.


Program

  • 28.02.2017 | Opening date for applications
  • 15.05.2017 | Closing of applications and deadline for project submission within 12:00 pm - Central European Time Zone for accessing the first evaluation phase
  • 26.05.2017 | Notice of the selected proposals (up to 30 proposals) and request of integrative material to access the second evaluation phase
  • 12.06.2017 | Deadline for the final upload of definitive materials of the finalist projects
  • 20.06.2017 | Closing ceremony and proclamation of the three finalists, special mentions and prize giving at the Polytechnic University of Milan with international jury

Contact

Laboratorio di Simulazione Urbana ‘Fausto Curti’
Politecnico di Milano_DAStU



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CFP - Exercices d’ambiances. Présences, enquêtes, écritures
par International Ambiances Network on 


Appel à contributions pour la Revue Communications, n° 102 (2018)


Exercices d’ambiances. Présences, enquêtes, écritures

Date limite d’envoi : 19 mars 2017

Argumentaire

Les ambiances traversent les situations, les lieux et les moments. Elles environnent certains êtres plus que d’autres, elles fleurissent dans certains groupes ; dans d’autres elles tournent au vinaigre. Elles sont perceptibles comme qualités de présence à ceux qui entrent dans leurs sphères d’influence. Enjeux de soin et d’attention dans de nombreux domaines de la vie sociale, les ambiances offrent un soubassement aux actions les plus ordinaires. En teintant les espaces où elles se déploient, elles imprègnent les dispositions des êtres qui les perçoivent, les produisent, les supportent et les animent.

Dans divers champs disciplinaires, de nouveaux croisements entre les approches écologiques, phénoménologiques et pragmatistes, ainsi que de nombreuses démarches artistiques, invitent à tenir l’ambiance ou l’atmosphère pour une notion non réductible aux confrontations de l’objet et du sujet, un terme qui remettrait en cause leur opposition. Mais qu’en est-il de ces concepts, de leur sens, de leurs usages et de leur portée pratique ? Ambiance, atmosphère et présence peuvent sembler équivalents en première approche, mais l’effort d’une description attentive apporte de précieuses nuances. Cette attention pointilleuse est d’ailleurs partagée par toutes sortes d’artisans des ambiances. Si les expériences peuvent être modifiées, enrichies par l’écriture ou par l’imagination, cela ne va pas sans la démonstration d’un savoir-faire précis de la part des artistes, écrivains, cinéastes ou créateurs de spectacles – ou encore, des animateurs d’événements politiques.

Les chercheurs intéressés par les ambiances – anthropologues, sociologues, historiens ou phénoménologues mais aussi géographes et ethnologues, ethnomusicologues et théoriciens de l’architecture, du théâtre, du cinéma ou de la création littéraire (voir les références indicatives ci-dessous) – développent de nouvelles manières d’écrire et de mener leurs enquêtes. Cette livraison de Communications entend bénéficier d’un tel climat intellectuel en interrogeant la « puissance heuristique » de la notion d’ambiance, outil méthodologique susceptible de faire converger divers champs de recherche (Thibaud 2012). Si le domaine des ambiances architecturales et urbaines est désormais bien exploré, ainsi que les ambiances sonores (Communications, n°90), de nombreuses questions restent en suspens: nous invitons les contributeurs à y réfléchir, à les reformuler et à y répondre en se fondant sur leurs enquêtes de terrain.

Le numéro s’ouvrira sur les traductions de deux textes de Gernot Böhme et Hermann Schmitz, qui inspirent depuis plusieurs années ce champ de recherche. Il ne s’agit pas ici d’avoir le dernier mot sur un concept à la mode, mais plutôt de faire usage d’un opérateur qui oblige à prendre en compte des aspects habituellement négligés – ou même menacés – des expériences et des pratiques. Ainsi, les contributions attendues exploreront les potentialités de l’enquête sur les phénomènes d’ambiances : les propositions d’articles rendant compte d’enquêtes ethnographiques ou sociologiques originales et inédites seront privilégiées. Il s’agit d’interroger l’efficacité concrète des ambiances en privilégiant l’observation méthodique des pratiques « en train de se faire » et la description située. Comment prendre appui sur les gestes des praticiens des ambiances pour dégager ce que leurs conditions d’émergence ont de précis, voire d’exact ? Comment rendre compte de l’importance des ambiances dans les descriptions ethnographiques, et à quelles conditions ?

Sélection bibliographique indicative

  • Böhme, Gernot. 1993. « Atmosphere as the Fundamental Concept of a New Aesthetics ». Thesis Eleven 36 (1) : 113‐26. doi:10.1177/072551369303600107.
  • Böhme, Gernot. 1995. Atmosphäre. Essays zur Neuen Ästhetik. Frankfurt/M. : Suhrkamp.
  • Böhme, Gernot. 2011. « Un paradigme pour une esthétique des ambiances : l’art de la scénographie ». In : Augoyard, Jean-François (ed.). Faire une ambiance = creating an atmosphere. Grenoble : À la croisée. p. 221- 228.
  • Breviglieri, Marc. 2013. « De la difficulté à entrer en contact ». Ambiances. doi:10.4000/ambiances.345. Claveyrolas, Mathieu. 2003. Quand le temple prend vie : Atmosphère et dévotion à Bénarès. Paris : CNRS.
  • Corbin, Alain. 1994. Les cloches de la terre. Paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle. Paris : Albin Michel.
  • Corbin, Alain (dir.). 2016. Histoire du silence, de la Renaissance à nos jours. Paris : Albin Michel.
  • Corbin, Alain, Courtine, Jean-Jacques et Vigarello, Georges (dir.). 2016. Histoire des émotions. Paris : Le Seuil.
  • Debaise, Didier. 2015. L’appât des possibles : reprise de Whitehead. Dijon : Les presses du réel. Dewey, John. 2010. L’art comme expérience. [1934]. Trad. coll. Paris : Gallimard.
  • Farge, Arlette. 2015. Le peuple et les choses, Paris au XVIIIe siècle. Paris : Hachette.
  • Fischer-Lichte, Erika. 2008. The Transformative Power of Performance: A New Aesthetics. Taylor & Francis.
  • James, William. 2007. Essais d’empirisme radical [1912]. Trad. Guillaume Garreta et Mathias Girel. Paris : Champs Flammarion.
  • Grimaud, Emmanuel, Thierry Dufrêne, Denis Vidal, et Anne-Christine Taylor. 2016. Persona : Étrangement humain. Arles et Paris: Actes Sud / Musée du Quai Branly.
  • Milliot, Virginie. 2013. «Pluralistic Ambiance and Urban Socialisation». Traduit par Neil O’Brien. Ambiances. doi:10.4000/ambiances.223. [Version française : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00833997.]
  • Nahoum-Grappe, Véronique. 2008. « Le rond-point ». L’Homme. Revue française d’anthropologie, 185-186, p. 121‐31. doi:10.4000/lhomme.24127.
  • Nahoum-Grappe, Véronique. 2016. « Tuer tout le monde ou mourir de colère ? ». Esprit, Mars-Avril (3) : p. 94‐102.
  • Norberg-Schulz, Christian. 1997. Genius loci: paysage, ambiance, architecture. Bruxelles: Mardaga.
  • Piette, Albert. 1999. La religion de près. Paris : Métailié.
  • Piette, Albert. 2009. L’acte d’exister : une phénoménographie de la présence. Marchienne-au-Pont : Socrate Éditions PROMAREX.
  • Pecqueux, Anthony. 2012. « Pour une approche écologique des expériences urbaines ». Tracés, 22 : p. 27‐41. doi:10.4000/traces.5418.
  • Schmitz, Hermann. 2016. « Atmospheric Spaces ». Traduit par Margret Vince. Ambiances. doi:10.4000/ambiances.711.
  • Schmitz, Hermann, Rudolf Owen Müllan, et Jan Slaby. 2011. «Emotions Outside the Box—the New Phenomenology of Feeling and Corporeality ». Phenomenology and the Cognitive Sciences 10 (2) : 241‐59. doi:10.1007/s11097-011-9195-1.
  • Thibaud, Jean-Paul. 2002. « L’horizon des ambiances urbaines ». Communications, 73, p. 185-201. doi:10.3406/comm.2002.2119.
  • Thibaud, Jean-Paul. 2012. « Petite archéologie de la notion d'ambiance ». Communications, 90. « Les bruits de la ville », sous la direction d’Anthony Pecqueux. p. 155-174. doi:10.3406/comm.2012.2659.
  • Thibaud, Jean-Paul. 2015. En quête d’ambiances. Éprouver la ville en passant. Genève : MetisPresses.
  • Thiery, Olivier. 2004. « Présentation du dossier de cinq articles « Ethnographies des atmosphères, Ethnographies atmosphériques », éléments pour une reconfiguration de l’enquête anthropologique avec Peter Sloterdijk ». ethnographiques.org, no 6, novembre 2004. http://www.ethnographiques.org/2004/Thiery.

Calendrier

Date limite d’envoi des résumés courts (3 000 signes) : 19 mars 2017
→ Date de notification des réponses : 15 avril 2017
→ Date limite de remise des textes (articles inédits d’environ 30 000 signes notes comprises) : 15 juillet 2017
→ Date de parution du numéro : 2018

Les propositions de contributions doivent être rédigées en français et comporter le nom de l’auteur, son affiliation professionnelle et son courriel.

Elles devront être envoyées à revue-communications@ehess.fr

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CFP - Paysages sensoriels : quelles places dans les sciences humaines et sociales ?
par International Ambiances Network on 


Paysages sensoriels : quelles places dans les sciences humaines et sociales ?

Colloque, 12-13 octobre 2017 à Lorient, Université Bretagne Sud

Appel à communications

Depuis quelques années, le paysage fait un retour en force en sciences humaines et sociales. Le paysage, ou plutôt les paysages, tant les formes mobilisées sont nombreuses, ne s'envisagent plus seulement à travers la vue, mais à travers l’ensemble des sens : l'ouïe, l'odorat, le toucher, le goût, l'ensemble du spectre sensible et sensitif interviennent désormais dans l'appréhension et la compréhension des paysagère.

Le paysage constitue un objet ancien pour l'ensemble des sciences humaines et sociales. La géographie l’a très tôt considéré comme son objet central, en l'approchant presque exclusivement par la vue : les yeux étant ainsi conçus comme les instruments du géographe de terrain. D'autres disciplines, telles l'histoire, l'histoire de l'art ou l'architecture, ont également mobilisé très tôt le paysage comme objet ou comme approche pour saisir les rapports matériels des hommes au monde. Cet engouement ne s'est pas démenti, mais a suivi les évolutions épistémologiques. Dans les années 1970-1980, le paysage a été considéré comme un moyen d'approcher les idéalités et les représentations immatérielles des hommes et des sociétés, dans une veine phénoménologique. Dans les années 1990, une vague historiographique s'est intéressée à cet objet transdisciplinaire, sous l'angle du paysage comme objet social et objet de demandes sociétales.

Jusqu'alors, les autres dimensions sensibles que la vue, qui est originairement le sens dominant dans l'approche paysagère, ont été peu considérées. Elles sont aujourd'hui au cœur d'un réinvestissement des paysages, comme objet d'étude, et conséquemment ouvrent ainsi à sa réévaluation, comme catégorie épistémique. Cette mobilisation récente des sens pour aborder les paysages traverse l’ensemble des sciences humaines et sociales et ne concerne d’ailleurs pas que la question du paysage. Parmi les multiples publications récentes, citons pour la géographie un numéro spécial de la revue Espace géographique sur le paysage chez John Brinckerhoff Jackson, un numéro de Emotion, Space and Society consacré à la place du son et des émotions en géographie, coordonné par Karolina Doughty, Michelle Duffy et Theresa Harada. En anthropologie, Philippe Descola illustre l'importance du paysage, notamment à travers son cours au collège de France (Les formes du paysage, cycle de leçons 2012-2014) et contribue à questionner la dimension transculturelle et transdisciplinaire du paysage : le décentrement du regard des sociétés occidentales vers d'autres civilisations permet ainsi d'envisager d'autres formes de perception paysagère. En histoire, le paysage sonore de l’Antiquité, méthodologie, historiographie, perspectives de S. Emerit, S. Perrot et A. Vincent interroge la notion de soundscape en histoire et ouvre des pistes stimulantes. En sociologie, de telles ouvertures de l'appréhension du paysage sont aussi à l'œuvre.

Il est remarquable de noter une convergence des différentes sciences humaines et sociales vers une appréhension multi-sensorielle des paysages. Certains sens semblent davantage représentés, en particulier l'ouïe et l'odorat, mais tous les sens sont peu à peu investis. Le paysage n'est donc plus seulement appréhendé par la vue, mais bien de manière pluri-sensorielle. L'expression « paysages sensoriels » s'impose d'ailleurs progressivement et signale le changement à l'œuvre dans l'ensemble des sciences humaines et sociales.

Cette ouverture au spectre sensoriel engage, comme corollaire, le questionnement de la catégorie même de paysage. En effet, en mobilisant les sens (ainsi que les émotions) pour comprendre le paysage et en considérant la dimension pluridisciplinaire de cette mobilisation, c'est la catégorie paysagère qui s'en trouve modifiée et réinterrogée. Comment peut-on définir le paysage à la lumière de l'approche sensorielle ? Comment qualifier les « paysages sensoriels » ? Une partie des interrogations concerne les lieux envisagés : les paysages sensoriels débordent-ils spatialement les paysages entendus au sens classique ? Pour le dire autrement, la mobilisation de tous les sens, dans la mesure où elle considère d'autres dimensions, n'engage-t-elle pas une dilatation des paysagères ? Comment dès lors envisager ces paysages d'un point de vue épistémologique ? Si l'ensemble des sciences humaines et sociales paraît s'entendre sur l'usage des sens pour appréhender les paysages, peut-on identifier alors des épistémés partagées du paysage/des paysages ? Le paysage peut-il donc servir au dialogue inter, voire trandisciplinaire ? Voici quelques-unes des questions que ce colloque souhaite soulever et discuter.

Axes de communication

L’objectif de ce colloque est triple.

D’une part, il s’agira de mettre en évidence les modalités méthodologiques, théoriques et pratiques de la mobilisation des paysages sensoriels dans les différentes sciences humaines et sociales. Comment les sciences humaines et sociales s’emparent-elles des sens pour envisager les paysages ? Comment aborder le paysage par l’ouïe, l’odorat, le toucher, la vue ou le goût ? Quels sens sont-ils mis en avant et quelle est leur balance, leur hiérarchie ? Quelles difficultés méthodologiques et théoriques existe-t-il à l'appréhension sensorielle des paysages ?

D’autre part, on envisagera les conséquences épistémologiques que cette mobilisation des paysages sensoriels entraîne. Comment la mobilisation des sens contribue à redéfinir la catégorie du paysage ? Comment cette mobilisation partagée par les sciences humaines et sociales participent d’une approche pluri- et/ou interdisciplinaire ?

Enfin, à ces deux approches plus théoriques pourront s’adjoindre des études de cas permettant de définir des paysages sensibles, avec des approches méthodologiques spécifiques à chaque science humaine ou sociale, offrant des éléments de réflexion et de comparaison.

Ces axes privilégiés ne sont bien sûr pas exclusifs, d’autres questionnements ou problématiques pourront être proposés.

Organisation du colloque

Le colloque se tiendra sur deux journées à l’Université Bretagne Sud à Lorient les 12 et 13 octobre 2017. Il sera organisé par sessions de communication de 20 à 30 minutes chacune. Un grand temps de discussion sera laissé libre après chaque session.

Modalités de proposition des communications

Les propositions présenteront en une page maximum l’objet de la communication, en précisant l’axe dans lequel s’inscrira l’intervention. Elles feront apparaître les nom, prénom, appartenance institutionnelle et adresse mail du ou des communicants, ainsi que quelques éléments bibliographiques.

Elles sont à envoyer à Véronique Mehl ou/et Laura Péaud avant le 10 mars 2017.

Les auteurs dont les communications seront acceptées seront avertis par mail début avril.

Véronique Mehl
Université Bretagne Sud

Laura Péaud
Université Grenoble Alpes


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“Ambiance et histoire de l’architecture : l’expérience et l’imaginaire sensibles de l’environnement construit“
par International Ambiances Network on 


Dossier thématique, Ambiances - Revue internationale sur l'environnement sensible, l'architecture et l'espace urbain

La revue Ambiances a le plaisir de vous informer de la parution du dossier thématique ”Ambiance et histoire de l’architecture : l’expérience et l’imaginaire sensibles de l’environnement construit”.

Ce dossier a été coordonné par Nathalie Simonnot, Olivier Balaÿ et Stéphane Frioux. Il est accessible sur le site de la revue : https://ambiances.revues.org/738

Comment rendre compte des dispositions spatiales, matérielles et sociales qui fabriquent réellement ou imaginairement une configuration sensible particulière, une ambiance, à un moment donné de l’histoire ? En posant cette vaste question, ce dossier thématique de la revue Ambiances cherche à combler quelques-unes des brèches dans l’histoire architecturale conduite et enseignée aujourd’hui : celles qui touchent à l’étude approfondie des constructions, celles qui énoncent que l’évolution historique de l’architecture et des villes est liée à l’expérience concrète de l’environnement construit, à l’évaluation de son potentiel d’habitabilité, à sa transformation pour les besoins et la joie de l’usage. Nous faisons ainsi de ce dossier thématique un pari : celui de placer l’ambiance vécue de la propagation des flux comme une des forces méconnues de l’histoire architecturale.

Sommaire :

  • Nathalie Simonnot, Olivier Balaÿ et Stéphane Frioux. L’Ambiance et l’histoire de l’architecture : l’expérience et l’imaginaire sensibles de l’environnement construit.
  • Ana Bela de Araujo. La restauration-conservation (2011-2019) de la Fondation Vasarely (1973-1976), ou comment rendre actuelles des ambiances surannées.
  • Claude MH Demers et André Potvin. From History to Architectural Imagination: A physical ambiences laboratory to interpret past sensory experiences and speculate on future spaces.
  • Adrien Pitor. Une justice froide ? L’ambiance thermique dans le palais de justice de Paris au XVIIIe siècle.
  • Julien Bastoen. Les ambiances dans les récits de visite : une source pour l’étude de la réception de l’architecture.
  • Ignacio Requena-Ruiz. Building Artificial Climates. Thermal control and comfort in Modern Architecture (1930-1960).


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